Affaire Grégory : Le procureur général de Dijon revient sur la mise en examen de Jacqueline Turiot

Plus de 40 ans après les faits, la justice explore une nouvelle piste dans l’affaire du petit Grégory. Jacqueline Turiot, sa grand-tante, a été mise en examen pour association de malfaiteurs. Selon le procureur général Philippe Astruc, des expertises récentes la relieraient aux lettres anonymes et aux appels malveillants adressés à la famille Villemin avant le drame.

Lors d’une conférence de presse tenue à Dijon, Philippe Astruc a expliqué que Madame Turiot est soupçonnée d’avoir participé, entre 1982 et 1984, à une entente ayant conduit à la disparition et au meurtre de Grégory, âgé de quatre ans et retrouvé noyé dans la Vologne le 16 octobre 1984.

Accusations : menaces et lettres anonymes

Selon la Cour d’appel de Dijon, la mise en examen repose sur des éléments laissant penser que l’intéressée aurait menacé la famille et envoyé des courriers anonymes avant l’enlèvement du jeune garçon. « En proférant plusieurs menaces de mort, en procédant à des appels téléphoniques malveillants comportant des menaces de mort aux membres de la famille d’Albert Villemin, en établissant, en envoyant ou en déposant des écrits anonymes en 1983 et 1984 », a noté le procureur général. Ces actes sont considérés comme relevant d’une association de malfaiteurs, c’est-à-dire à une entente entre plusieurs personnes visant à nuire à autrui.

Des expertises déterminantes et incriminantes

Des analyses graphologiques réalisées en 2017 et 2019, ainsi qu’une étude stylométrique menée en 2021, ont révélé des similitudes entre l’écriture de l’accusée et celle des lettres anonymes. Son beau-frère aurait également reconnu sa voix comme celle du « corbeau », la mystérieuse personne à l’origine des menaces précédant le drame. Les enquêteurs ont aussi signalé qu’il existe une concordance entre ses horaires de travail et certains appels.

La mise en examen a été prononcée le 18 juin par la chambre de l’instruction de Dijon, chargée du dossier depuis 1987. Trois magistrats ont confié à leur président la mission de faire comparaître Jacqueline Turiot pour la première fois, estimant que des éléments sérieux justifient cette décision, tout en précisant qu’elle n’est pas accusée d’enlèvement ou meurtre à ce stade.

Les suites de l’enquête

Jacqueline Turiot conteste les accusations et nie toute implication. L’instruction se poursuit avec de nouvelles analyses ADN réalisées sur les courriers, les vêtements du garçon et les cordelettes retrouvées sur le corps. Le ministère public devra ultérieurement déterminer la qualification définitive des faits et les charges éventuelles à retenir.

Malgré les décennies écoulées, l’affaire Grégory demeure l’une des plus marquantes de la justice française. Cette nouvelle mise en examen fait naître l’espoir de connaitre enfin la vérité. -Léa Brunebarbe

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